21 juin 2007

un amour inconditionnel

Lorsque Matiss est arrivé dans ma vie, je ne savais pas réellement ce qu'était l'amour inconditionnel d'une mère pour son enfant. J'en avais vaguement entendu parler mais je n'imaginais pas à quel point un petit être pouvait prendre de la place dans votre existence. Une telle place que j'ai longtemps hésité à avoir un deuxième enfant. Tout d'abord car je ne pouvais imaginer partager cet amour si fort que j'éprouvai pour matiss en deux. Pourrais-je les aimer tout deux de la même façon? Ensuite, mon couple ne fonctionnant plus vraiment bien, l'idée d'un deuxième enfant a été constamment repoussée pour finalement disparaître et laisser place à notre séparation.

Lorsque j'ai rencontré Éric, je ne pensais vraiment pas à avoir un autre enfant, du moins pas dans un futur proche, et pourtant 6 mois après notre rencontre, le verdict était tombé, j'étais bel et bien enceinte. Non pas que cet enfant n'était pas désiré mais disons que cela me semblait un peu rapide. Malgré tout j'étais heureuse de pouvoir enfin donner un petit frère ou une petite soeur à Matiss. Il m'aura fallu attendre quelques mois avant de lui annoncer la nouvelle, suite aux résultats positifs de l'amniocentèse, afin qu'il n'y ait pas de déception. Il fut bien sûr ravi bien qu'aillant du mal à comprendre qui était le papa de ce bébé. Pas facile en effet d'expliquer à un petit gars de 3 ans que sa maman va avoir un bébé avec un autre papa. Ce qui me semblait aussi très difficile était d'imaginer la réaction de Matiss, qui, une semaine sur deux, est chez son papa. Comment allait-il réagir au fait que sa petite soeur restait avec sa maman, allait-il comprendre? Toutes ses questions ont souvent accaparé mon esprit durant ma grossesse, tout en sachant que je ne pourrai rien contrôler et que seul l'avenir nous dira ce qu'il nous réserve.

Personnellement, j'ai toujours eu du mal à croire les parents qui me disaient aimer leurs enfants de la même façon... Pour moi, il était évident qu'inconsciemment on a une préférence, qu'elle soit liée au tempérament de l'enfant ou à ses goûts. Matiss n'a pas du tout les mêmes goûts que moi, ni même les mêmes jeux ou passions mais grâce à lui je découvre chaque jour de nouvelles choses et je vois les choses avec son regard, ce qui est passionnant. Je ne sais pas encore quel sera le tempérament d'alice ni quels seront ses goûts, sera t-elle comme moi (plutôt artiste) ou comme son frère (un vrai petit scientifique en herbe). Serais-je capable de leur apporter à tous les deux le soutien nécessaire à leur épanouissement?
Depuis la naissance d'alice, je me rends compte que ce tout petit bout m'accapare énormément et j'ai parfois le sentiment de ne plus être la maman parfaite à laquelle j'avais habitué Matiss, celle qui avait toujours le temps pour jouer avec lui ou faire un puzzle. Trop souvent, je me vois obligée de lui dire: « pas tout de suite, je dois m'occuper de ta petite soeur. » et franchement je trouve cela difficile et souvent je culpabilise. J'aimerais pourvoir me multiplier afin d'avoir le temps pour tout et pour tous. De plus, du côté de chez son papa, rien n'a changé pour matiss et parfois je dois l'admettre j'envie leur complicité et me sens comme mise à l'écart. J'ai l'impression que ce n'est plus aussi amusant pour matiss d'être chez moi car il y a toujours la petite soeur qui chiale et maman qui n,a plus le temps comme avant. Bien sûr lorsque cassandre est là, matiss s'amuse comme un fou, bien qu'ils n'aiment pas toujours les même jeux. Je sens que matiss aimerait être un peu plus impliqué et pouvoir s'occuper de sa petite soeur mais ce n'est pas toujours facile car il est parfois un peu brutal et ne se rend pas compte que sa petite soeur n'est pas un jouet.

La semaine passée, je ne me suis pas sentie à la hauteur, alice hurlait depuis quelques heures, lorsque j'entends la petite voix de matiss qui m'appelle. D"habitude il hurle mais là j'entends juste un murmure. Je me lève précipitamment pour voir ce qui se passe, énervée bien sûr car alice hurlait depuis des heures. La voix provient de la salle de bain, je vois alors matiss, le slip par terre, et une grosse flaque brûnatre immonde qui s'étale sur le carrelage de la salle de bain. Matiss avec les larmes dans les yeux me dit: « j'ai fait caca, c'est sorti tout seul... » Bref, l'horreur! La petite qui continue de s'époumoner dans son transat et moi qui nettoie la merde de matiss, qui change ses draps et qui lui donne une douche, sans oublier de me laver 50x les mains pour ne pas infecter alice.
Il est 22 heures et je suis complètement épuisée, je me doute que la nuit va être longue! J'appelle le papa de matiss qui devait le prendre le lendemain pour lui demander si je peux lui laisser matiss le matin plutôt que le soir. Bien évidemment, je lui explique que matiss semble avoir une gastro, il a 38,5 de fièvre depuis hier et que je ne voudrais pas qu'alice l'attrape. Je sens que cela le dérange bien qu'il soit en congé car il avait prévu des tas de choses à faire et puis me dit qu'il veut bien me dépanner mais qu'après tout c'est à éric de m'aider et blablabla.

Là, je me suis vraiment sentie dépassée et très seule... et j'ai compris que dans la vie on ne peut compter que sur soi-même. je me suis donc remis de mon état de stress intense et j'ai fini par réussir à endormir la petite vers 2h du mat. Matiss était bien sûr debout à 6h avec encore et toujours de la fièvre. J'ai passé la matinée à le surveiller afin qu'il ne mette pas ses doigts dans la bouche de sa petite soeur (il adore lui faire têter ses doigts). Je l'ai finalement déposé chez son père vers midi (juste avant la sieste) et, enfin soulagée, je suis retournée me reposer à la maison. Je me suis bien sûr sentie coupable de ce bref soulagement car j'aime mon petit gars par dessus tout et que le voir malade me fend le coeur. Mais honnêtement, passer 6 heures aux urgences avec alice ça ne me tentait vraiment pas et par malchance Eric faisait justement du temps supplémentaire à son boulot ce jour là.

J'aimerais être cette mère parfaite qui aime ses enfants avec le même amour inconditionnel mais je me rends compte que le premier enfant reste le premier, celui qu'on a tant attendu, celui où tout était nouveau, celui qu'on prenait en photo pour tout et n'importe quoi. Même la grossesse semble se passer plus vite pour le deuxième, on ne lit plus tous les bouquins, on ne s'informe plus autant, on oublie les rendez-vous chez le gynéco. On est plus aussi gaga que pour le premier, on ne s'inquiète plus au moindre problème... les choses semblent couler de source.

Et pourtant quand ce petit être nous fait son plus beau sourire il devient alors le centre de notre univers et on oublie tout le reste... Encore aujourd'hui, je pense qu'il est difficile d'aimer ses enfants de la même façon, par contre il est certainement possible de les aimer autant les uns que les autres avec leurs différences ou justement grâce à leurs différences.

Posté par shenkinbrant à 16:05 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur un amour inconditionnel

    arrête de t'énerver tite nouille, tu es une maman parfaite. C'est juste que c'est plus difficile 2 que 1...
    Quand, dans un certain futur,Matiss ne sera plus M. Super Glue tu vas voir que tu pourras t'occuper des 2 comme tu le veux, ils sont encore jeunes et très demandant pour l'instant.

    Posté par odysseusqc, 22 juin 2007 à 07:46 | | Répondre
  • pas de souci! la mère parfaite n'existe pas! moi j'en suis arrivée à laisser mes enfants deux heures de temps en temps à la garderie pour pouvoir aller faire un peu de shopping.... t'imagine si la dass savait ça! on fait au mieux et il ne faut surtout pas culpabiliser.

    Posté par lili, 23 juin 2007 à 02:38 | | Répondre
  • en effet, la mère parfaite ne doit pas exister.
    À quand la super-héroïne du genre supermom?

    Posté par marjan, 25 juin 2007 à 21:24 | | Répondre
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